A la dérive dans des contrées solitaires
Où la souffrance m'emmène en galère
Sous des cieux à la beauté éphémère
A l'orée des jardins de l'enfer
J'agonise dans ces déserts de pierres
Le souffle court, inspirant cet air délétère
Et mon ange, inquiet, passe
Là où la douleur ne trépasse
Dans un doux frémissement d'ailes
Me chuchote que la terre se renouvelle
Oui, la vie peut être belle
Vagabonde
Moribonde
Sur les chemins du monde
Que mes larmes inondent
Je me noie dans une peine profonde
Emportée par une tornade furibonde
Et mon ange, prévenant, passe
De ses plumes brisent la glace
Me murmure la caresse du sentiment
Dans des mots d'apaisement
Non, la vie n'est pas qu'un tourment
Je me cogne contre les miroirs
Dont les eaux du temps reflètent la mémoire
Sous un manteau de nuit noire
Mon âme s'égare dans un labyrinthe notoire
A la recherche d'une issue illusoire
Elle se heurte aux sortilèges des miteux grimoires
Et mon ange, en silence, passe
Dans un infime battement de cil, mes peurs effacent
De sa présence immatérielle
Me fait don de sa prescience sensorielle
Oui, la vie est tellement belle
Le poids léger de ses doigts sur mes paupières
M'éloigne du cauchemar dans lequel j'erre
Son toucher dessine pour moi une nouvelle terre
Conquise sans coups férir, sans guerre
Un pays de sourires au lendemain de l'hiver
Le choix d'un amour qui régénère
Et mon ange, fébrile, passe
Comblant les ornières de ses traces
Pour ne pas perdre mon regard
Dans les ténébreux desseins d'un mauvais hasard
Dans la vie il n'est jamais trop tard
Et mon ange, invisible, passe
Comme un voile, mes sombres pensées, chasse
Le désespoir qui m'enchâsse
Dans des frayeurs qui me glacent
Le désir et les envies refont surface
Sur des rêves remis à leur place....
Et mon ange, aérien, m'enlace
Dans une étreinte fugace
Par-delà nos espaces...

